Chapitre 5 – Final – Le nom que porte le manque

— Toujours pas. Toujours pas. Toujours pas.

Je parle à ma caméra alors que personne ne m’écoutera jamais, puisque cette vidéo n’ira pas en ligne. Par principe, je réécoute quand même, penchée vers l’écran, le violoncelle incliné de côté. Le Lamento en Si 14 commence. Tout sonne juste, le tempo est exact… Mais non. Il y a quelque chose… La mélodie ne porte plus, la vibration est terne, tellement terne.

Je soupire. Il faut que je fasse cette vidéo. Que je n’aie pas obtenu les droits de WPS pour rien. Pour tenir la promesse aux abonnés de ma chaîne… Pour moi, surtout.

Mes gestes semblent lourds, imprécis. Tellement humains.

Mais peut-être que c’est autre chose… Oui, au fond, je le sais déjà, il y a ce vide… Cette absence ?… Le nom que porte le manque.

Sherlock.

Annexe : références musicales citées

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