Partie 2 – L’adieu au Maître

Suite du dossier sur l’évolution et la recherche de mon style d’écriture, commencé avec « La terreur du pastiche ».

À la suite de cette découverte (nommons la, la Révélation du Pastiche), je suis resté tout simplement bloqué pendant une période que je ne parviendrais pas à déterminer exactement. Plusieurs mois, peut-être six mois. Six mois d’envie d’écrire insatisfaite, de l’addiction au flux qui ne pouvait ni se sevrer ni se satisfaire…

Une période très riche en petits morceaux de textes éparpillés, des débuts, des milieux, rarement de fins, sans queue ni tête. Un peu comme un disque dur mort qui s’amorce, qui essaye de tourner, mais qui bloque tout de suite, avec un bruit crispant. Et je faisais des bruits crispants aussi quand j’abandonnais mes tentatives de textes, des jurons et des lamentations, beaucoup.

Dans ma tête, il y avait un schisme.

Chaque récit s’amorçait inlassablement dans la veine HPL, car c’était toujours tout ce que mon cerveau obsessionnel arrivait à faire. Une fidélité dogmatique, religieuse, un zélote du Mythe, du début en attaque directe et des phrases interminables stylé dix-neuvièmant (néologisme du crû, libre de droits, servez-vous).

Mais de l’autre côté, c’était du pastiche. Et ça, c’était mal. C’est mal. Non, je n’ai rien contre le pastiche, c’est un travail intéressant, et un hommage tout-à-fait plaisant à ses auteurs préférés, ou ceux qu’on veut gentiment railler pour leurs tics parfois (ou les deux). Mais ça doit être conscient, assumé, une démarche. Pas ce que tu fais de base. Non.

Alors, c’était non. Un début, quelques lignes. Puis plus rien.

Alors il a fallu tuer le Maître, arrêter les nouvelles, le fantastique, tout, passer à autre chose.

C’est à ce moment que j’ai découvert la poésie bousingote d’Aloysius Bertrand. Le romantique frénétique par excellence, avec des diables, des ombres, des châteaux en ruine, des cathédrales gothiques, des sorciers… Ça ne pouvait que me plaire.

Ça a été un troc de pastiche, sur quelques petits essais, je me suis mis aux poèmes en prose. À la Bertrand. Mais ici, c’était assumé, volontaire, je voulais pasticher autre chose que le Maître des tentacules. Pasticher autre chose, pour me le sortir de l’esprit, et réparer mon imaginaire qui se retrouvait amputé de son appui bien solide, tout déjà fait, tout déjà construit.

C’était aussi une transition vers la fantasy médiévale, qui me plaisait beaucoup à l’époque. Je suis devenu horriblement difficile pour ce genre, depuis. Pas que, d’ailleurs, mais la fantasy a bien réduit de ma pile de lectures.

Ce n’est pas le sujet.

La fantasy, donc. Dans sa forme qui me séduit toujours autant, toutefois : mâtinée de futur, de machines, d’armes automatiques, d’engins volants à propulsion thermique.

La science-fantasy.

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